L’impact du changement climatique en Israel

Secheresse Bien que l'Etat hébreu contribue relativement peu aux mutations écologiques en raison de sa petite taille et de sa relative faible population, il se montre extrêmement sensible aux impacts potentiels du phénomène en raison de sa localisation, à la limite nord du désert saharo-arabe. Déjà ces dernières années, des vagues de chaleur et de sécheresse ont battu des records et les nappes d’eau baissé dangereusement.

Selon l'Union israélienne pour la défense de l'environnement, le pays est menacé de catastrophe naturelle mais les risques semblent sous-estimés car le changement climatique frappe plus durement les pays du bassin méditerranéen que la plupart des autres régions. Les experts environnementaux prévoient de la sorte que les systèmes écologiques naturels d'Israël subiront des dommages dus au réchauffement de la planète. Les indicateurs du phénomène - variations de température à long terme et hausse du niveau de la mer - peuvent être spécialement ressentis dans les domaines de l'eau, de la santé publique, de l'agriculture, de l'énergie, de la biodiversité, des infrastructures côtières, de la sécurité nationale, etc. Les dangers sont réels : rareté de l’eau, dégradation de l’écosystème, détérioration de la fiabilité alimentaire. Et comme partout, ils affectent particulièrement les populations vulnérables telles que les personnes âgées et les malades chroniques.

Les conséquences directes
D’après une étude de l'Université de Tel Aviv publiée en mars 2018, les perturbations climatiques causées par les gaz à effet de serre entraîneront des changements environnementaux importants en Israël et en Méditerranée orientale d'ici 2100. A la fin du siècle, la zone connaîtra probablement un été de six mois (contre 4 aujourd’hui) avec une hausse de 2,2 à 3,3 degrés (contre 1,4 Cº actuellement). Ainsi les journées avec des températures extrêmes devraient devenir plus fréquentes et les vagues de chaleur se généraliser même pendant les saisons de transition. Ceci pourrait provoquer davantage d'incendies de forêt. Les écologistes ont déjà remarqué que les arbres ont dépéri au cours des 30 dernières années en raison de l'épuisement de l'aquifère et de l’aggravation de l'aridité. De tels changements environnementaux semblent gravement nuire à l'économie de l'eau et accélérer la désertification en Israël. Ce qui affecterait la pousse des concombres, tomates et agrumes ainsi que la production poissonnière, laitière et ses dérivés qui souffrent de la sécheresse. Par exemple, la chaleur extrême tue les fleurs des oliviers séculaires et aggrave les risques d'infestation par les mouches et les champignons. C’est pourquoi agronomes et généticiens israéliens travaillent d'arrache-pied au développement de cultures à (relativement) haut rendement, résistantes au manque d’eau, notamment la tomate et l'abricot.
Effet plus inattendu : les températures élevées provoquaient des modifications des mauvaises herbes en renforçant leur résistance métabolique aux herbicides. Ce qui peut impacter la santé humaine en augmentant la quantité de pesticides nécessaire et donc l'exposition du public aux résidus de substances chimiques.
A côté d’un allongement estival, l’hiver (saison des pluies) serait réduit à deux mois seulement, entrainant une baisse de 33% des précipitations générales mais paradoxalement une augmentation du risque d'inondation - les tempêtes se déplaçant plus lentement à mesure que les régimes éoliens mondiaux se modifient.
Autre conséquence du dérèglement météo : le réchauffement de la Méditerranée. Dans le pire des cas, son niveau pourrait s'élever de 5 mètres, provoquant l'inondation des zones de basse altitude. Dans un tel scénario, des endroits tels que le quartier Bat Galim de Haïfa seraient engloutis et le rivage de Tel-Aviv atteindre la rue Ibn Gvirol. Bat GalimL'érosion des falaises côtières à Hadera, Netanya, Herzlia, Tel Aviv, Rishon le Sion, Ashkelon et d'autres villes du littoral, exposerait les bâtiments à un risque d'effondrement.
Enfin, la hausse des températures pourrait affecter la phénologie (phénomènes périodiques de la vie animale et végétale, en fonction du climat) de divers organismes. Par exemple, Israël devient désormais un lieu d’hivernage permanent pour quelques-uns des 500 millions d’oiseaux migrateurs. Ceux qui s’y arrêtaient autrefois brièvement avant de s’envoler vers l’Afrique préfèrent maintenant rester plus longtemps dans des zones plus froides plutôt que de traverser le continent noir où des déserts envahissants et des sécheresses fréquentes ont rendu la nourriture plus rare. Aujourd’hui, les grues (passées de moins de 1 000 dans les années 50 à environ 45 000 actuellement) représentent l’une des espèces les plus abondantes à choisir les régions humides du Hula et du Agmon en Galilée.

Mauvaise gestion des ressources naturelles
Cercle vicieux : la climatisation frénétique due au réchauffement de l’air entraîne une pollution accrue. Selon la Compagnie Israélienne d’électricité, environ 20% de la production nationale est alimentée au charbon et 80% au gaz naturel, utilisant de l'eau souterraine pour son refroidissement et non de l'eau de mer, ce qui pose problème. A mesure que les sources souterraines sont pompées pour l'industrie, les hommes et les cultures, les aquifères sont en train de s'éroder, contribuant au dessèchement de la terre. Même le lac d'eau douce du Kinnereth s'épuise sérieusement. Aussi les responsables politiques se sont-ils tournés vers l’industrie du dessalement. Toutefois, elle n'est pas une panacée. Elle est lourde en énergie - en termes de coût, de pollution et de perturbations potentielles.

Comment lutter contre les tendances environnementales néfastes ?
L’atténuation des gaz à effet de serre (GES) est reconnue dans le monde entier comme l’une des meilleures approches pour enrayer le changement climatique. Elle implique une utilisation plus efficace des combustibles fossiles pour la production d’énergie et l’industrie ; des énergies renouvelables comme les panneaux solaires ; une meilleure isolation des bâtiments afin d'accroître l'efficacité énergétique. En septembre 2015, Israël s'est engagé à réduire d'ici 2030 les GES de 26% par rapport au niveau d'émissions de 2005. En avril 2016, le gouvernement a adopté un plan national visant à atteindre cet objectif : diminution de 17% de la consommation d'électricité ; production de 17% du courant à partir de sources d’énergie renouvelables ; réduction de 20% des émissions liées au transport. Une goutte d’eau dans l’océan ?


Noémie Grynberg Israel Magazine 2018

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Date de dernière mise à jour : 01/07/2019